• Justice

    Abhisit et Suthep épinglés par la NACC pour la répression de 2010

    Abhisit Vejjajiva et Suthep Thaugsuban, deux figures politiques pro-establishment devraient faire l’objet d’une procédure de mise en accusation par la la puissante agence nationale anti-corruption (NACC) pour leur rôle dans la répression militaire de 2010, qui avait fait plus de 90 victimes.
    La Commission nationale anti-corruption a estimé mardi que l’ancien Premier ministre Abhisit Vejjajiva et son vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban devraient faire l'objet d'une mise en accusation pour "abus de pouvoir", dans la répression militaire sanglante de la manifestation antigouvernementale menée par le mouvement des "Chemises rouges" qui avait fait plus de 90 morts et des centaines de blessés.
    S’ils sont reconnus coupables par l’assemblée législative (qui fait office de Parlement) nommée par la junte, ils risquent jusqu’à cinq ans d’interdiction de vie politique.
    Plusieurs dizaines de membres des Chemises Rouges, mouvement loyal au premier ministre déchu Thaksin Shinawatra, avaient été tuées en avril et mai 2010 , point culminant des mois de protestations urbaines contre le gouvernement d’Abhisit Vejjajiva, et l’un des chapitres les plus sanglants de l’histoire récente de Thaïlande.
    Le royaume est frappé depuis dix ans par une crise politique opposant les élites proches du palais royal, soutenues par une bonne partie de la classe moyenne de Bangkok et du sud, aux fidèles du milliardaire Thaksin Shinawatra, qui jouit d'une grande popularité au sein des classes laborieuses notamment dans le nord et le nord-est.
    Abhisit et Suthep appartiennent sans conteste à la première catégorie. Suthep est d'ailleurs devenu un personnage-clé des manifestations de 2013 et 2014 qui ont conduit à la destitution de la sœur de Thaksin, Yingluck, puis à la prise de pouvoir par l’armée.
    Les deux hommes ont toujours nié toute négligence durant les événements de 2010, expliquant que les troupes avaient dû faire face à une opposition armée.
    Toutefois, opposants, universitaires et enquêteurs des droits de l’homme s’accordent à dire que des dizaines de Chemises Rouges et des passants sans armes ont été abattus, dont du personnel urgentiste et deux journalistes étrangers.
    Vicha Mahakhun, ancien membre de la Commission anti-corruption, a annoncé à la presse qu’un comité d’enquête avait estimé que plusieurs innocents faisaient partie des tués. "La répression a constitué un abus de pouvoir, qui peut être passible d’une condamnation". Il ajoute que le comité a décidé à l’unanimité d’épingler Abhisit et Suthep.
    Ces accusations sont les premières étapes du processus d’empêchement, et ne sont pas d’ordre pénal.
    En août dernier, une cour avait rejeté les accusations pour meurtre formulées à l’encontre des deux hommes pour la répression de 2010.
    Tous deux disposent d’un délai de 15 jours pour répondre à cette accusation, avant que l’Agence anti-corruption ne décide de les inculper complètement, ajoute Vicha.
    Si la mise en accusation est acceptée, le parlement nommé par la junte décidera ensuite, après audience, d'interdire ou non les deux hommes de vie politique pour 5 ans.

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