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    250 anciens députés menacés de bannissement

    L’étau se resserre autour des Shinawatra

    La commission anti-corruption thaïlandaise a lancé jeudi plusieurs procédures d’impeachment à l’encontre de 250 députés, dont la majorité appartient au parti de Yingluck Shinawatra.
    Si l’Assemblée nationale législative (NLA) – nommée par la junte – vote en faveur de cette procédure, ces anciens parlementaires seront de fait exclus de toute activité politique pendant cinq ans, ce qui affaiblirait considérablement le clan Shinawatra, qui a remporté toutes les élections nationales dans le pays depuis 2001.
    La Commission nationale anti-corruption (NACC) juge anticonstitutionnelle la tentative de modification de la Constitution instiguée en 2013 par le parti Puea Thai de Yingluck. Celle-ci prévoyait notamment de faire élire l’ensemble des membres du Sénat.
    "La NACC a décidé de lancer auprès de la NLA une procédure d’impeachment contre 250 parlementaires qui avaient signé l’amendement de la Constitution, ceux-ci ayant tenté de violer la Constitution de 2007", a annoncé la commission anti-corruption.
    Cette décision est intervenue quelques heures après que la NLA avait choisi de ne pas procéder à l’impeachment de 38 anciens sénateurs pour le même chef d’accusation, ce qui avait dans un premier temps été perçu comme un acte d’apaisement dans la chasse aux sorcières menée par la NACC.
    Aucune date n’a pour l’instant été établie pour ce vote d’impeachment.
    La junte militaire thaïlandaise dit avoir été forcée de s’emparer du pouvoir en mai 2014 pour rétablir l’ordre, après des mois de protestations dans la rue contre le gouvernement de Yingluck.
    Nombres d’observateurs estiment que ces manifestations ont précisément été orchestrées par les élites de Bangkok dans le but de permettre une intervention militaire. L’establishment accuse le clan Shinawatra de pourrir la vie politique par l’argent et le népotisme.
    Amnuay Klangpa, un membre du parti Puea Thai, a confessé à l’AFP que 160 membres de son parti étaient dans le viseur de la NACC. "Ils ne pourront pas nous interdire de vie politique, les parlementaires ayant le droit d’amender la constitution, et que nous avons agi en respectant la loi", a-t-il ajouté.
    La sœur de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, Yingluck, a été rétroactivement interdite de vie politique pendant 5 ans, pour son implication dans un programme de subventions aux riziculteurs jugé catastrophique.
    Elle risque également 10 ans de prison pour ce même programme, qui avait profité à des producteurs du Nord et du Nord-est, qui constituent sa base électorale.
    La scène politique thaïlandaise a été bouleversée par près d’une décennie de manifestations violentes, coup d’états, et actions en justice divisant profondément le pays.
    Thaksin est au cœur de cette rupture politique, depuis son raz-de-marée électoral de 2001, basé sur le réveil politique des classes populaires. Il se trouve actuellement en exil de crainte d’être emprisonné pour conflit d’intérêts après avoir été renversé par un coup d’état en 2006.
    Huit ans plus tard, sa sœur Yingluck a été destituée par une décision de justice, quelques semaines avant que la junte ne prenne pouvoir des mains de son gouvernement.

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