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    Buriram, la nouvelle Mecque des sports mécaniques

    Perdu au fin fond de l’Issan, le fameux circuit Chang de Buriram ne cesse d’étonner. Véritable oasis de développement pour cette région déshéritée du Nord-est de la Thaïlande, il accueillait en mars sa première grande course internationale de moto avec une belle brochette de Français dont le champion du monde en titre. Tous les hôtels étaient réservés de longue date. D’ici la fin de l’année on y attend le champion Sébastien Loeb!

    Newin Chibchob, l’ancien ministre de Thaksin Shinawatra, a fait parler de lui ces dernières années en dotant Buriram d’un magnifique stade de foot (le Thunder Castle) et en propulsant le Buriram Football Club au devant de l’affiche après avoir gagné les deux dernières éditions du championnat national de foot.
    Il vient de récidiver en offrant à la Thaïlande et à sa ville natale son premier circuit de vitesse, qui peut accueillir les courses de F1 et de Moto GP. Ce circuit, qui a coûté la bagatelle de 55 millions d’euros, a ouvert officiellement en octobre 2014.
    Il a été l’hôte, le mois dernier, de sa première épreuve internationale en organisant la deuxième épreuve du calendrier 2015 du championnat du monde de moto Superbike. Un événement fondateur salué par les coureurs et les instances internationales.

    Ce circuit est l’un des rares au monde à pouvoir accueillir la Formule 1 et les Grand Prix moto et ce, de jour comme de nuit grâce à un système d’éclairage artificiel. Un circuit de stature internationale, donc, et à l’infrastructure impeccable, loin de ce qu’offraient jusqu’ici les circuits locaux comme Bira, Bonanza et autres.
    Le tout à cinq heures de route de Bangkok ou une heure d’avion puisque la ville de Buriram est desservie par les compagnies Nok Air et Air Asia.
    Un tel lieu manquait indéniablement dans un pays où les accros à la vitesse sont légions. Ils n’avaient jusque là que l’option de Sepang en Malaisie pour voir des pilotes de renom s’affronter sur circuit, ou alors la télévision.
    Sans parler de l’esprit de compétition historique que nourrit la Thaïlande vis-à-vis de ses voisins, la Malaisie et Singapour.
    Avec ce circuit inauguré il y a tout juste 8 mois, la Thaïlande se retrouve dotée d’un circuit qui n’a rien à envier aux autres circuits internationaux. La raison est sans doute à imputer à son architecte, le célèbre architecte allemand Hermann Tilke, auteur de nombreux tracés (dont Sepang, Shangai et Austin aux USA). Un tracé étudié pour que les spectateurs puissent voir la majorité des virages depuis l’immense tribune de 50.000 places qui se situe juste au dessus des stands (comme au circuit du Mans).
    Le champion du monde en titre de la catégorie Superbike, le français Sylvain Guintoli, était du voyage, le mois dernier, et ne savait pas vraiment à quoi s’attendre en venant en Thaïlande, tout comme ses adversaires de paddocks.
    Tous se sont dits ravis de l’infrastructure et de l’accueil du public. Et pour cause, plus de 50.000 fans de moto parmi lesquels un grand nombre de locaux avaient fait le déplacement pour voir ces funambules sur deux roues gratter leurs protèges-genoux sur le tracé de 4,5 Km et prendre près de 300 Km/h dans la ligne droite.

    "Ambiance irréelle"

    Dans un fracas assourdissant, les courses se sont succédées pour le plus grand plaisir de tous. Les courses de Supersport rassemblaient les motos de 600cc de cylindrée alors que l’épreuve reine de Superbike faisait concourir les pilotes sur des motos de 1000cc.
    Un des points forts de ce week-end de course aura été la liesse immense du public lors de la victoire du pilote thaïlandais Ratthapark Wilairot, dans la catégorie Supersport. Le jeune pilote thaïlandais a su bénéficier de la casse mécanique du leader du championnat, le Français Jules Cluzel sur MV Agusta, pour gagner sa première épreuve internationale devant un public acquis à sa cause.
    "Une ambiance irréelle que j’ai rarement rencontrée", nous confiait au même moment Sylvain Guintoli, très concentré au moment de quitter les stands après un problème technique survenu juste avant le départ de sa deuxième finale (le superbike se déroule en deux manches).
    Du côté des conditions climatiques, les fortes chaleurs du mois de mars thaïlandais n’ont pas tant fait souffrir les pilotes que cela. "On s’est bien préparé, on a les piscines gonflables dans les stands avec de la glace et des traitements spéciaux pour faire face aux conditions climatiques difficiles, comme à Sépang d’ailleurs", explique Sylvain Guintoli . "Mais ça reste difficile. On a un camel bag avec ½ litre d’eau dans la combi au départ de chaque course, mais ça part rapidement et l’eau chauffe très vite vu les températures ici".
    Quand au circuit en lui-même, Sylvain est dithyrambique. "Le circuit est superbe, il est beau", dit-il sans détour. "Il n’a rien à envier aux autres circuits où l’on roule habituellement. Vraiment ! Une superbe infrastructure et un beau nouveau circuit, un beau tracé avec pas mal d’opportunités pour dépasser".
    Et de rajouter : "en plus, pour une première course à ce niveau de compétition, le public à répondu présent, je vous garantis que ce n’est pas toujours le cas. Bref un sans faute, j’ai hâte de revenir !".
    Un officiel de la Fédération International de Motocyclisme présent sur la course a confirmé les impressions du champion en titre en ajoutant que l’épreuve s’est déroulée sans fausse note et avec une participation massive du public. De quoi définitivement installer Buriram dans le calendrier des courses de vitesse moto de rang international.

    Sébastien Loeb à Buriram en octobre

    Le public, qui s’est déplacé très nombreux des quatre coins de la Thaïlande pour assister aux courses, n’a pas boudé son plaisir. L’événement était attendu de longue date et tous les hôtels de la ville étaient pleins plus d’un mois avant la course. Sans doute la seule ombre au tableau, si l’on en cherche.
    Mais pour Newin Chibchob, ce problème de logistique n’est que la rançon du tout nouveau succès de la ville de Buriram, et il promet d’ores et déjà 1.000 chambres supplémentaires d’ici à la fin de l’année.
    "Nous sommes très heureux qu’un pilote thaïlandais ait gagné en catégorie Supersport", dit-il. Cela aidera d’autant plus à susciter l’exaltation des Thaïlandais pour les sports mécaniques, maintenant qu’ils sont dotés d’un circuit comme le Circuit Chang en Thaïlande. C’est bon pour la région également. Surin, Korat et Buriram veulent développer le tourisme en Isaan (région du Nord-est de la Thaïlande). Notre circuit fait parti maintenant des attraits de la région, au même titre que le temple de Phanom Rung", explique l’homme fort de Buriram.
    Le circuit Chang accueillera de nombreuses compétitions automobiles encore cette année avec notamment la venue du champion du monde, Sébastien Loeb, du 30 octobre au 1er novembre prochain, un rendez-vous à ne pas manquer. Ce sera l’occasion d’assister à la première épreuve thaïlandaise du championnat du monde des voitures de tourisme et de voir à l’œuvre le pilote le plus titré du sport automobile français.
    Un seul conseil, réservez votre hôtel suffisamment à l’avance!

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