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Par pat
La modernisation de la Thaïlande a fait un bond en avant sous le règne du vénéré Rama V (Chulalongkorn), la construction de chemins de fer et l'abolition de l'esclavage en 1905 en sont des marques importantes. A la fin de sa vie, il dut tout de même céder des territoires à l'Indochine française (le Laos en 1893 et le Cambodge en 1907) et à la Birmanie anglaise (états de la péninsule malaise)
C'est déjà largement intégrée à l'économie mondiale que la Thaïlande aborde le nouveau siècle et subit de plein fouet la grande dépression des années 30 (le prix du riz, principale recette d'exportation, est divisé par trois). Une période de troubles financiers et politiques s'ensuit, le roi se reconnaît impuissant pour redresser l'économie et le 24 juin 1932, des soldats et des civils éduqués à l'étranger (dont un certain nombre en France) obtiennent l'abdication partielle du roi au profit d'une monarchie parlementaire.
Cependant un gouvernement nationaliste mené par le général Pibul prend le pouvoir en 1933. C'est sous sa gouverne que le nom du pays est changé en Thaïlande en 1939 pour souligner " l'appartenance " du pays à une ethnie particulière, certes majoritaire, les Thaïs. Pendant la seconde guerre mondiale, le gouvernement de Bangkok s'allia avec les Japonais qui emprisonnèrent les alliés dans des camps notamment à l'Ouest de la capitale où fut construit le chemin de fer de la mort rendu célèbre par le livre de Pierre Boule sur le pont de la rivière Kwaï (mis en image par Hollywood).
En dehors de l'intermède de l'après-guerre, qui vit Seni, un progressiste pacifique, à la tête du pays, Pibul resta au pouvoir jusqu'en 1957. Le triumvirat militaire qui le remplaça fut destitué en octobre 1973 par des révoltes étudiantes, parties de l'université Thammasat à Bangkok. Le pays resta meurti par les morts et les nombreux blessés "pour la démocratie". Après trois ans de politique progressiste, le pays s'est refermé à nouveau en 1976 sous le régime autoritaire du premier ministre Prem, toujours sous l'influence des militaires. Il restreindra la liberté d'opinion et de la presse tout en accompagnant le pays vers des élections démocratiques qui eurent lieu en 1988.
Face aux régimes communistes installés dans les pays limitrophes (Vietnam, Cambodge, Laos) et l'influence de la Chine dans la sous-région, la Thaïlande a toujours réussi à affirmer son indépendance. Elle s'allia avec les Etats-Unis qui déversèrent leur aide financière en contrepartie de l'installation de leurs troupes sur le sol thaïlandais. A partir de 1975, lorsque les américains se retirent de la région, ce sont des gouvernements militaires, le roi et la religion bouddhiste qui empêchent le pays de basculer sous la houlette communiste.
En 1991, les militaires renversent un gouvernement démocratiquement élu mais accusé de corruption. D'immenses manifestations populaires réprimées firent une cinquantaine de morts et des centaines de blessés en mai 1992. La vie politique thaïe est alors des plus tourmentée. En juillet 1997, la valeur de la monnaie s'effondre provoquant une crise financière sans précédent dans toute l'Asie. Trois mois plus tard, la Thaïlande adopte une nouvelle constitution qui semble renforcer les principes démocratiques.
De 2001 à 2006, l'homme d'affaire milliardaire Thaksin Shinawatra fut premier ministre. Comparable à un Berlusconi asiatique, il a caressé les aspirations nationalistes des Thaïs et a été élu sur un programme de lutte contre la corruption dont il a su se protéger par la suite. Il vit en exil suite au coup d'état militaire qui l'a écarté du pouvoir et pour échapper à une condamnation à deux ans de prison pour conflits d'intérêts. Entre 2008 et 2010, la scène politique thaïlandaise a été particulièrement instable en raison de manifestations de rue organisées par les deux plus importants camps politiques. En avril 2010, la dispersion par l'armée des manifestants installés au centre de Bangkok a fait 91 victimes et des centaines de blessés, le reste du pays restant particulièrement pacifique et attéré par les échauffourées entre militaires et militants politiques cantonnées à quelques rues de la capitale. Suite à des élections anticipées le 3 juillet 2011, Yingluck Shinawatra, la sœur cadette de Thaksin a été nommée première ministre le 5 août 2011.
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