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Dans la ville de Surat Thani, dans le sud du pays, des dizaines de producteurs se sont rassemblés pour remettre une lettre aux autorités de la région demandant un appui de la junte au pouvoir pour un secteur essentiel de l'économie. Un autre rassemblement a eu lieu à Krabi.
Les cultivateurs appellent la junte à leur garantir un prix de 80 bahts (environ 2 euros) le kilo de caoutchouc alors que le prix de vente actuel était mardi dans le sud du pays de 51 bahts (1,26 euros), au plus bas depuis cinq ans.
Le royaume est le premier producteur mondial de caoutchouc, avec quatre millions de tonnes par an dont une large part est exportée.
"Le gouvernement ne peut pas acheter directement puisque nous n'avons pas de budget pour ça mais j'ai discuté avec des entrepreneurs et je leur ai demandé d'acheter le caoutchouc à 60 baht par kilo et ils sont d'accord", a expliqué Prayuth Chan-O-Cha le chef de la junte, interrogé par des journalistes après les rassemblements.
Un peu plus tôt dans la matinée, les producteurs avaient menacé le gouvernement d'une épreuve de force.
"Si nos demandes ne sont pas entendues alors nous allons intensifier nos actions", a déclaré, par téléphone à l'AFP, Pairod Rerkdee, l'un des leaders du mouvement.
La plupart des cultivateurs d'hévéas vivent dans le sud de la Thaïlande, fief des élites traditionnelles ultra-royalistes ayant soutenu le coup d'Etat de mai. Mais ces derniers n'hésitent pas à se dire inquiets et déçus de la junte, après plus de six mois aux manettes.
En 2011, le prix était deux fois et demie plus élevé, à 120 bahts le kilo, une manne aujourd'hui tarie pour les six millions de planteurs d'hévéas de Thaïlande.
En prenant le pouvoir, la junte affirmait vouloir rompre avec la politique de subvention à l'agriculture, symbole des précédents gouvernements mais elle a déjà lâché du lest.
La Première ministre Yingluck Shinawatra avait notamment mis en place une politique de soutien des prix pour les riziculteurs, situés principalement dans le nord et le nord-est de la Thaïlande, fief électoral des Shinawatra.
La loi martiale imposée par les militaires deux jours avant le coup d'Etat du 22 mai interdit tout rassemblement ou toute manifestations de plus de cinq personnes.