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Un Thaïlandais effectuant son service militaire dans l'extrême sud de la Thaïlande, en proie à une rébellion, a tué quatre officiers, suscitant vendredi l'inquiétude du chef de l'armée.
Ce jeune de 21 ans, originaire du nord-est du pays, était basé depuis un mois seulement dans cette région où les attaques meurtrières des séparatistes musulmans sont quasi-quotidiennes.
Il a ouvert le feu à l'arme automatique dans sa caserne jeudi, tuant trois gradés sur le coup. Un quatrième est décédé dans la nuit de ses blessures.
Le tireur a ensuite retourné l'arme contre lui. Il était toujours dans le coma vendredi.
Les jeunes Thaïlandais effectuant leur service militaire de 18 mois (réduits à six mois pour ceux qui ont fait des études supérieures) sont nombreux parmi les 60.000 membres des forces de l'ordre déployés dans la région.
Ils doivent faire face aux attentats à la bombe artisanale et autres guets-appens lancés par la rébellion, dans ce conflit qui a fait plus de 6.200 morts depuis dix ans, en majorité des civils, selon l'organisation Deep South Watch.
"Il est probable qu'il ait souffert de stress et de problèmes personnels", a déclaré le colonel Pramote Promin, évoquant le récent déploiement dans la région du jeune homme.
Ce drame a conduit le nouveau chef de l'armée de terre, Udomdej Sitabutr, à "demander aux responsables des unités d'être plus proches de leurs troupes", selon un autre porte-parole, le colonel Winthai Suvaree.
"L'incident s'est produit parce que les soldats doivent travailler dans des circonstances spéciales", a-t-il déclaré à l'AFP.
Des médias locaux ont également évoqué le déploiement de psychiatres dans l'extrême sud à la suite de ce drame.
Les troupes de l'armée thaïlandaise sont la cible d'attaques de la rébellion mais sont aussi accusées de violations des droits de l'Homme dans la zone, notamment du meurtre de civils lors d'opérations visant les rebelles.
La junte militaire, arrivée au pouvoir par un coup d'Etat en mai, a distribué des centaines de fusil d'assaut à des villageois, suscitant des craintes quant aux chances de reprises des discussions de paix.
Dans cette région rattachée à la Malaisie jusqu'au début du XXe siècle, la Thaïlande majoritairement bouddhiste a mené une politique d'assimilation des musulmans autochtones à marche forcée.