thailande insolite cambodge malaisie laos birmanie vietnam angkor Bangkok
La Thaïlande a émis 120 mandats d'arrêt dans le cadre de son enquête sur les filières d'immigration clandestines, qui est arrivée à son terme.
"Nous avons travaillé de façon méticuleuse et nous avons confiance dans les preuves découvertes. Nous pouvons confirmer que les réseaux de passeurs ont été démantelés", a expliqué aux journalistes Aek Angsananontle, chef adjoint de la police nationale. Ce dernier a précisé que l'affaire serait soumise au bureau de procureur général dans la journée de mardi pour l'examen de l'acte d'accusation.
Jusqu'à présent, 56 personnes ont été arrêtées tandis que 64 sont en fuite ou sont portées disparues. Lundi, 30 nouveaux mandats d'arrêts ont été approuvés par un tribunal du sud du pays, portant le total à 120. La Thaïlande a lancé depuis début mai une vague de répression contre les filières de traite d'êtres humains. Chaque année des milliers de migrants, partis de la Birmanie ou du Bangladesh pour rejoindre la Malaisie notamment, tentent de traverser le golfe du Bengale et la voie traditionnelle du trafic passait par la Thaïlande.
Plusieurs camps de transit, contenant plus de 150 tombes, ont été découverts dans le sud du pays début mai. Les migrants passaient souvent de longs mois prisonniers dans ces camps en attendant le paiement par leurs familles de rançon. Parmi les personnes arrêtées depuis un mois et demi figure le lieutenant-général Manas Kongpan, officier supérieur de l'armée, accusé d'être un élément clé de ces réseaux.
Sa détention est embarrassante pour le chef de la junte Prayut Chan-O-Cha, qui a justifié à plusieurs reprises son coup d'Etat de mai 2014 par la nécessité de mettre un terme à la corruption qui gangrène l'appareil politique. Manas a été promu quand Prayut était chef de l'armée. Il est le seul officier de l'armée accusé pour l'instant dans cette enquête.
Mardi, Aek a refusé de dire si d'autres officiers de l'armée ou des responsables gouvernementaux figuraient parmi les 30 nouveaux mandats d'arrêt. Depuis des années, les associations de défense des droits de l'Homme accusent des officiels thaïlandais de fermer les yeux voire d'être complices de ce trafic.